Impératrice  Arrobo-Lima ss.cc., 

Supérieure  Générale

La principale décision du Chapitre : “Donner un nouveau visage à la Congrégation”

Impératrice  Arrobo-Lima ss.cc.  Avait été provinciale de l’Equateur… Elle avait cessé de l’être  depuis quelques mois et se préparait à travailler en pastorale dans l’un des collèges de la Congrégation. Son avenir a soudain changé lorsque le lundi 17 septembre dernier les sœurs l’ont élue comme 16ème Supérieure Générale, la première latino-américaine de l’histoire de la Congrégation. Nous la remercions d’avoir ouvert son cœur pour que sœurs et frères puissions mieux la connaître.

– Comment va notre nouvelle Supérieure Générale ?

Je n’arrête pas de me répéter intérieurement ces paroles : « Ta grâce me suffit ».

Cette parole me donne  courage, confiance, force et sérénité. Je sens la présence de Dieu  à travers la proximité et les gestes d’attention de mes sœurs et frères de Congrégation qui l’ont aidé à donner une réponse ancrée dans la Foi. Je peux m’appuyer  sur une précieuse équipe de conseil que j’ai accueilli comme un don de Dieu. Avec ce conseil nous allons emprunter un chemin de recherche et de discernement de la Volonté de Dieu pour notre Congrégation.

– Les sœurs ont dit beaucoup de bien, qu’elle pensait sincèrement,  sur toi. Elles ont souligné ta droiture, ta simplicité, ton sens de l’organisation, ton respect, ta clarté et ta proximité. Comment aimerais-tu te présenter toi-même à la Congrégation au commencement de ce service comme Supérieure Générale ?

Comme une sœur qui, en s’appuyant sur une profonde expérience de Dieu et en union avec tous les sœurs et frères veut servir, animer et accompagner la vie de la Congrégation en cohérence avec les orientations de ce 35ème Chapitre Général. Avec aussi cette certitude que cette œuvre est celle de Dieu et que je ne suis qu’un instrument. Comme une sœur enfin qui a  aussi  besoin de la prière et du soutien inconditionnel de mes sœurs et de mes frères.

– A ton avis quels sont les traits spécifiques de notre spiritualité ?

L’Esprit de  famille, la simplicité, la joie, la communion, la miséricorde, la réconciliation, l’accueil, la solidarité, la répa    ration, la dimension internationale, la dimension interculturelle…

– Les sœurs de la Province d’Equateur ont  vécu ton élection  avec une joie particulière. Veux-tu leur transmettre un message depuis la Ville éternelle ?

Je remercie de tout cœur chaque sœur pour ce qu’elles ont apporté à ma vie et à ma vocation « Sacrés-Cœurs »  tout au long de ces années de vie consacrée et aussi pour leur soutien inconditionnel. Depuis notre vie et notre mission ss.cc , je les invité à continuer à miser sur Jésus et son Royaume  là où chacune d’elles fait le don quotidien de sa vie. J’ai besoin de confier la mission dont  la Congrégation me charge en ce moment  à la prière persévérant de chacune d’entre elles et à l’accueil positif et généreux  que chacune va faire à ce processus que la Congrégation se prépare à vivre durant ces six prochaines années.

“Nécessaires pour le Cœur de Dieu” C’est le thème, le slogan de votre     35ème  Chapitre Général. Un Chapitre au cours duquel vous faites un travail en profondeur sur la mission des sœurs dans le monde d’aujourd’hui. Quels sont les défis qui ressortent des textes et décisions capitulaires ?

Si l’on considère que la principale et plus importante décision  qu’a prise ce Chapitre est : « Donner un nouveau visage à la Congrégation »… de nombreux défis apparaissent j’en relèverai quelques-uns :

–      La nécessité d’une connaissance approfondie de la réalité de la Congrégation.

–      Concevoir le processus pour mener à bien la réorganisation de la Congrégation

–      Faire naître de véritables communautés de communion. et en prendre soin.

–      Accompagner dans chaque province, projet prioritaire de Congrégation, délégation, ce processus de réorganisation de la Congrégation, en ayant le souci d’y favoriser la vie et la communion.

–      Assumer et vivre les dimensions de l’internationalité et de l’interculturel non comme une difficulté mais comme une richesse.

– Parmi les différents services que tu as vécus, il y a celui de l’éducation. Peux-tu dire un mot à ce sujet les sœurs et frères engagés dans ce champ.

Les frères et sœurs ss.cc, envoyés en mission dans le monde de l’éducation, ne pouvons pas sous-estimer ce domaine privilégié d’évangélisation qui nous est offert. Nous sommes appelés  à fournir nos meilleurs efforts  pour que la semence de l’évangile soit semée et cultivée dans le cœur de tant d’enfants, de jeunes, d’enseignants et de parents.

– Tu as aussi été en responsabilité dans la formation. Parle- nous de quelques aspects sur lesquels a porté ton attention dans la formation initiale.

Lors de mon expérience dans ce domaine de la formation initiale, j’ai particulièrement insisté sur :

La dimension humaine: la connaissance de soi, la guérison des blessures, la maturité affective, l’estime de soi, le développement des capacités et valeurs personnelles,… favoriser une bonne formation humaine et professionnelle.

La Dimension de Foi: favoriser des espaces de connaissance et de rencontre avec la personne de Jésus à travers sa Parole, à travers aussi la réalité personnelle, communautaire et pastorale. L’accompagnement de « processus » chrétiens, religieux, théologiques, l’expérience du disciple. La connaissance et l’appréciation de la vie religieuse. Accompagner aussi le chemin de recherche et discernement de la volonté de Dieu dans nos vies. Discerner les motivations vocationnelles

Dimension charismatique: connaissance, mise en valeur et surtout expérience vécue des éléments fondamentaux de notre charisme et de notre spiritualité ss.cc… Préparation à la vie en communauté dans le style ss.cc, renouvellement du charisme ss.cc dans des expériences pastorales significatives.

– Nous sommes une Congrégation de frères et de sœurs. Comment vois-tu l’union des deux branches dans les années à venir ? Quel  doit être notre chemin ?

Sur ce point je veux être positive et insuffler l’Espérance. Ceci dit, je veux voir les sœurs et les frères  prendre conscience de la vocation et du charisme que nous avons reçus en  héritage nous ouvrions un chemin de recherche, de discernement  et de communion  à partir d’une connaissance réciproque, du respect des différences, d’un dialogue ouvert , de simplicité, de pardon, d’esprit de famille… Je souhaite qu’à partir de cette expérience et manière de vivre nous soyons des témoins crédibles dans un monde qui a besoin d’amour, et dans lequel le cri permanent de l’appel à l’unité et à la communion est chaque jour plus fort.

– Quels sont les points de la vie  de notre monde actuel qui te préoccupent le plus ? Que devez-nous faire en partant de notre vocation « réparatrice » ?

La perte du sens de la vie qui s’exprime dans des signes de mort comme la violence, la drogue, la guerre, la faim, l’avortement, la désintégration de la famille et ses conséquences. La destruction progressive du milieu ambiant ; l’absence de Dieu dans la vie des hommes, qui se manifeste dans un athéisme pratique et dans une sécularisation chaque jour en progrès.

A partir de notre vocation réparatrice, nous sommes appelés (sœurs et frères) à nous laisser toucher par ces réalités et à partir d’une attitude « samaritaine » travailler à reconstruire le cœur de l’homme.

– et pour terminer un petit exercice : je te propose quelques mots pour que tu les définisses brièvement… 

Cœur de Marie : parler du Cœur de Marie, c’est évoquer ce mot qui exprime sa richesse intérieure et son adhésion à la volonté de Dieu. “Je suis ici pour faire ta volonté, qu’il me soit fait selon ta Parole”. Le Cœur de Marie est le chemin pour accéder au Cœur de Jésus. Marie nous invite aujourd’hui et chaque jour à vivre de nouveau l’épisode des noces de Cana, à prendre conscience du « vin » qui manque à notre monde pour « restaurer la vie » à partir des lieux d’engagements apostoliques qui sont les nôtres.

Henriette Aymer : une femme contemplative qui sut garder le cœur en éveil et les sens ouverts à l’Esprit qui la conduisit avec une vision large et généreuse  sur des chemins difficiles en un moment de l’Histoire particulièrement risqué. La décision de ne rien refuser à Dieu dans son chemin de conversion en a fait une femme sensible à la souffrance, aux cris  et aux besoins urgents de l’Eglise et de la société dans laquelle elle vivait.   Touchée par cette réalité et convaincue que le cœur de Dieu battait dans celui de ses frères souffrants, elle donne à Dieu une réponse sans condition et à l’exemple de Marie se met en chemin pour découvrir ce que Dieu veut d’elle.

Pierre Coudrín: J’admire son zèle pour Jésus et pour le Royaume, son amour profond de l’Eglise, sa compassion pour les souffrances de son peuple, son sens du risque, son audace, sa capacité d’être prêt à  donner sa vie si c’était nécessaire, son amour profond de l’Eucharistie. Il mettait toujours en valeur la richesse qu’apportait la Bonne Mère à la Congrégation en train de naître.

Eglise: Communauté de croyants, consacrés à Dieu par le baptême, nous voulons vivre notre vie de disciples à partir de notre adhésion et de notre fidélité à Jésus et à sa Parole, pour, à partir de là, être témoins de son Royaume.

Vie Religieuse : C’est une manière de vivre notre baptême et de suivre Jésus à travers les vœux.

Les exclus : Ce sont ceux qui ne comptent pas  dans la société et étant donné ce qu’elle impose comme conditions sociales, politiques, économiques,  étant donné aussi leur situation de pauvreté, vulnérabilité, manque d’éducation et de santé dus à une société inégalitaire et injuste.    

Amérique Latine : elle est formée de pays avec de grandes similitudes culturelles, ethniques, climatiques, politiques et sociales. Elle a une population majoritairement catholique. Les inégalités, la pauvreté sont et restent de grands défis pour la région. Au niveau de l’Eglise et de la Vie Religieuse de grands pas ont été faits vers une Eglise libératrice et actrice d’humanisation, accompagnée par une théologie  plus ouverte et participative. Dans ce domaine la « théologie de la libération » a offert un apport considérable.

Femme: Je peux la définir de la manière suivante : porteuse et génératrice de vie, expression de tendresse, délicatesse, accueil,  sensibilité, gratuité, don de soi gratuit et inconditionnel, audace, créativité…

Marie Elisabeth Busson ss.cc. : une sœur des Sacrés-Cœurs née en France en 1879. Passionnée de Jésus et de son Royaume, elle fut capable de laisser sa terre natale pour aller donner sa vie entière en Equateur à travers les différents services que la province lui demanda : maîtresse des novices, enseignante en collège, supérieure de communauté… Elle meurt en Equateur en 1940.

Merci beaucoup, Impératrice !

 

Propos recueillis par Fernando Cordero Morales ss.cc.

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