Chers frères,

« C’est une bonne chose que le sel » dit Jésus, et il nous invite  tout de suite à       « avoir du sel entre nous et à vivre en paix ». Durant de longs mois nous avons prié l’Esprit Saint pour qu’il pénètre jusqu’au plus profond  de notre âme et nous illumine. Et nous voici, au terme de cette année de préparation cherchant sel et lumière pour nous-mêmes et pour nos frères.

Soyez les bienvenus à ce 38ème chapitre général des frères de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Pendant tout un mois nous allons former une grande communauté dont l’objectif est d’être « la plus haute autorité interne de notre institut » en vue de conforter et de stimuler la Congrégation dans la réalisation de sa mission avec une fidélité renouvelée à sa vocation particulière.

Ouvrez les yeux, regardez autour de vous et vous vous rendrez compte de la grande diversité qu’il y a dans ce groupe. Regardez les panneaux qui décorent  cette salle. Vous y verrez des visages et des lieux très colorés. Dieu nous a donnés des frères sur des terres et dans des cultures très diverses, en plus de 30 pays dans le monde entier. Ils sont tous représentés ici par votre intermédiaire.  Nous sommes 45 capitulants, nés en 20 pays différents, avec 13 langues maternelles.

Le Bon Père serait heureux de voir une telle assemblée capitulaire.  N’oublions pas que nous sommes un « corps charismatique dans l’Eglise et que l’unité et la communion entre nous ne peuvent se comprendre qu’à partir de la foi en l’action de l’Esprit de Jésus. C’est le Christ qui nous réunit. C’est lui qui fait tomber les murs de division. Le Chapitre est avant tout un événement de foi.

De ces 45 capitulants, 26 participent pour la première fois à un Chapitre Général. L’âge moyen tourne autour de 52 ans. Nous comptons parmi nous des frères d’expérience mais aussi beaucoup qui apportent nouveauté et jeunesse.

De cette diversité surgit une première invitation : faisons un effort nous comprendre et nous faire comprendre. La richesse du Chapitre Général dépend en grande partie de notre capacité à en faire une expérience de rencontre et de dialogue « de cœur à cœur » entre frères. Pour cela, nous devons parler entre nous, nous exprimer avec liberté et essayer de nous comprendre sans jugements hâtifs, sans nous coller des « clichés » les uns aux autres.

Dans l’évaluation du chapitre antérieur, il a été demandé que ce Chapitre puisse donner plus d’espace au partage, au débat entre les capitulants et qu’on ne se fixe pas uniquement sur la reformulation de textes. Nous allons essayer de faire qu’il en  soit ainsi. Pour rendre plus facile le dialogue entre nous, nous avons une excellente équipe de « professionnels » qui vont nous aider par la traduction en trois langues : l’anglais, l’espagnol et le français. Mais nous ne devons pas oublier que 17 capitulants devront constamment parler et écouter dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle.

Et donc :

 –      Parlons lentement et avec clarté.

–      Faisons un effort pour être attentif à ce que dit l’autre et,
surtout, à ce qu’il veut dire.

 –      Et Parlons ! Ne tombons pas dans la tentation de nous taire
parce que la communication est difficile

ou vaincus par la lourdeur et la fatigue de tant de réunions. Parlons ! ; l’apport de chacun est important et nécessaire. Ne nous effrayons pas de la diversité des sensibilités et perspectives ; au contraire accueillons-la  comme une richesse, gardant en tout la charité.

J’ai  une autre invitation à vous faire : soyons disponibles pour les services que l’on pourra nous demander. Aujourd’hui même nous commencerons à former de petits groupes de travail : le comité directeur, les commissions de liturgie, de communications, de loisirs, etc. ceux qui seront chargés de chaque thème (en vue de parvenir à une rédaction définitive) ; des observateurs qui nous aident à retrouver le fil essentiel des débats… et d’autres services qui pourront apparaître. Jusqu’à maintenant c’est le Gouvernement Général qui a mené les travaux de préparation du Chapitre. Maintenant c’est nous les capitulants qui prenons en main le fonctionnement du Chapitre. Nous comptons sur la générosité et la disponibilité de chacun de vous.

Les travaux du Chapitre s’organiseront autour de deux axes. L’axe central est le thème de la MISSION comme cela fut proposé lors du Conseil général élargi de 2009. Pour approfondir ce thème, nous aurons l’aide d’un séminaire de trois jours que nous vivrons avec les sœurs (du 3 au 5 septembre) et un document de travail sur la Mission que vous avez déjà dans vos dossiers, résultat des réponses remontées à la Congrégation.

 L’autre axe est formé de différents thèmes pour lesquels il y a déjà des propositions formulées dans les « documents de travail » Vous les trouverez aussi dans vos dossiers.

Même s’ils méritent un examen particulier, tous ces thèmes sont également en connexion avec le thème central de la Mission. De plus, le Chapitre Général aura la charge de l’élection du  Gouvernement Général.

 Nous ferons en sorte qu’il y ait le temps suffisant pour que le processus des élections se vive dans un climat de dialogue et de discernement.

Le « Comité directeur » du Chapitre –que nous allons élire dans un instant- aidé par le facilitateur, devra définir la méthodologie  qui nous permettent de traiter avec profit tous ces thèmes.

Le Chapitre est temps de prière. Nous aurons deux « liturgies » quotidiennes en commun avec les sœurs : l’Eucharistie, le matin, et l’adoration, le soir. Ces moments  seront sans doute les deux moments les plus importants de chaque jour.

Nous disposerons d’un petit système de traduction de manière que nous puissions être tous ensemble dans ces liturgies sans avoir à nous  séparer en groupes linguistiques.

La « commission de liturgie » sera disponible pour ceux qui chaque jour devront préparer la prière et fera  en sorte que rien ne leur manque. Pour chaque célébration eucharistique il y aura un président  désigné mais tous les prêtres qui le désirent, pourront concélébrer en toute liberté.

On m’a interrogé  sur le « port de l’habit » pendant le Chapitre. Que ceux qui ont amené leur habit et qui veulent le mettre à certains moments (prières, évènements significatifs, etc.) le fassent en toute liberté. Nous savons qu’il y a des habitudes et des sensibilités différentes en ce qui concerne le port de l’habit : ce serait bien que ces différences se manifestent  de manière tout à fait naturelle dans ce Chapitre.

Les deux Chapitre, celui des frères et celui des sœurs, ont lieu à Rome comme cela avait été demandé en 2009.Le fait que les deux Chapitre aient lieu en même temps dans un même lieu, est, depuis quelques années, un signe important d’unité » des deux branches de la Congrégation.

Quant au lieu, en plus d’avantages pratiques, Rome a cette signification particulière de nous rapprocher  des tombes des apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise, de nous rapprocher  aussi du siège du successeur de Pierre.

Durant ce Chapitre, sentons les choses avec l’Eglise.

Découvrons-nous, une fois de plus, en communion avec le Peuple de Dieu, l’Eglise universelle, le Corps du Christ. Nous sommes à peu de temps de l’ouverture d’une Assemblée Synodale sur la « Nouvelle Evangélisation » et d’une année consacrée à « la foi ».

Voyons donc comment nous pouvons contribuer avec ce que nous sommes et le charisme que nous avons reçu à la grande mission de l’Eglise :  témoigner  de la foi en Jésus Christ et annoncer son Evangile.

Le Chapitre suppose un  effort énorme pour toute la Congrégation.

Un  effort en personnes : nous sommes ici un grand groupe de frères qui, durant tout un mois, avons laissé les nombreux engagements qui nous occupent tellement  dans les lieux d’où nous venons. Il est certain que nous venons ici la tête pleine des nombreuses affaires qui nous préoccupent. Il est certain que quelques-uns souhaiteraient être déjà à la fin du Chapitre pour retourner à ces tâches qu’ils considèrent comme vraiment importantes. Pourtant et c’est le premier effort qui nous est demandé, maintenant nous sommes ici et ce qui nous occupe est le bien commun de la Congrégation, la mission que comme un corps unique nous réalisons dans le monde entier.

L’autre grand effort est économique. Le Chapitre coûte très cher et il ne peut en être autrement. Il est inévitable qu’une rencontre de ce genre soit chère.Pourtant, en dépit de l’énorme effort qu’il exige en personnes et en argent, le Chapitre est, de « par nos Constitutions », nécessaire pour que la Congrégation puisse exister comme telle

Le Chapitre est comme un sacrement un signe, un reflet de ce que nous sommes : communauté internationale de frères réunis par et à cause de l’amour de Dieu. Le Chapitre s’enracine dans une antique et vénérable tradition démocratique de la vie monastique et religieuse dont nous pouvons être fiers. Le Chapitre nous rappelle avec clarté ce que nous dit Notre Seigneur : « Vous êtes tous frères »… parce que nous avons un seul Père.

Le Chapitre est un lieu privilégié pour prier le Notre Père.

Enfin, puisque nous sommes ici, puisque nous avons fait l’effort de venir, puisque ça va nous coûter si cher… Tirons, de ce Chapitre, le meilleur profit possible ! Mettons-nous au travail et essayons d’offrir à tous les frères quelque chose qui anime et rafraîchisse leur vocation de consacrés aux Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie.

Constatant qu’est atteint le quorum nécessaire (il ne manque que David de la Torre, d’Equateur)

Je déclare ouvert le 38ème chapitre général des frères de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration perpétuelle du Très Saint Sacrement de l’autel.

Bon Chapitre ! Bon travail !

P. Javier ALVAREZ-OSSORIO, sscc,                                                                                  Supérieur Général

(traduction : Jean Claude Marjou)

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